À retenir : aucune règle d’immigration n’a changé du seul fait de l’élection. Le nouveau gouvernement est minoritaire et ses promesses devront passer par des décisions formelles. En revanche, deux échéances sont bien réelles : la fenêtre de dépôt du PEQ se ferme le 31 octobre, et la saison 2026 du PVT Canada est terminée depuis le 19 octobre.
Ce qui s’est passé
Le Parti québécois (PQ) est arrivé en tête des élections générales du 5 octobre 2026 et forme un gouvernement minoritaire. Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, a été assermenté et a présenté mercredi un Conseil de 23 ministres, contre 30 dans le cabinet précédent. L’immigration revient à Catherine Gentilcore, qui devient ministre de l’Immigration et de l’Intégration, vice-première ministre et leader parlementaire du gouvernement.
Pendant la campagne, le PQ s’est engagé à abaisser le nombre annuel d’immigrants permanents à 35 000, et à réduire de moitié environ le nombre de résidents temporaires, qui passerait d’environ 500 000 à 250 000. Pour mémoire, le plan adopté par le gouvernement précédent fixe déjà la cible permanente à 45 000 par an de 2026 à 2029, contre environ 61 000 admissions attendues en 2025. La tendance à la baisse n’est donc pas nouvelle : le changement de gouvernement pourrait l’accentuer.
Le tri : en vigueur, imminent, promis
| Sujet | Statut | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Cible de 45 000 résidents permanents par an | En vigueur (plan 2026-2029) | Le cadre actuel, déjà plus restrictif qu’avant. |
| Dépôt au PEQ | Ouvert jusqu’au 31 octobre 2026 | Dernière fenêtre connue pour les diplômés du Québec et certains travailleurs temporaires. |
| PVT Canada 2026 | Saison close le 19 octobre | Les profils non invités sont retirés ; il faudra se réinscrire pour 2027. |
| PVT Canada 2027 | Non annoncé | Date d’ouverture, quota et frais inconnus à ce jour. |
| 35 000 permanents, temporaires divisés par deux | Promesse de campagne | À suivre ; rien n’est applicable aujourd’hui. |
Échéance 1 : le PEQ ferme le 31 octobre
Le Programme de l’expérience québécoise est la voie la plus directe vers la résidence permanente pour ceux qui sont déjà sur place. Il avait été fermé en novembre 2025, puis rouvert temporairement par le gouvernement précédent. Selon le site officiel du gouvernement du Québec, les demandes de sélection permanente ne sont reçues que du 2 juillet au 31 octobre 2026, dans ses deux volets.
- Diplômés du Québec : avoir obtenu au Québec un baccalauréat, une maîtrise, un doctorat, un DEC technique ou un DEP d’au moins 1 800 heures.
- Travailleurs étrangers temporaires : justifier d’au moins deux ans d’expérience de travail au Québec dans un emploi qualifié.
- Frais depuis janvier 2026 : 940 $ CA pour le demandeur principal, 201 $ CA par conjoint ou enfant à charge, non remboursables.
Le niveau de français et le détail de l’expérience exigée figurent dans les pages « Conditions de sélection » du même site. Si vous êtes déjà au Québec et pensez être admissible, c’est le seul point de cet article qui demande une action dans les dix jours. Le nouveau gouvernement n’a rien annoncé sur la suite du programme : il serait imprudent de parier sur une prolongation.
Échéance 2 : le PVT 2027 se prépare sans calendrier
Le Programme vacances-travail (PVT), principale porte d’entrée des jeunes Français au Canada, dépend du gouvernement fédéral et non de Québec. La saison 2026 a fermé le 19 octobre. Les candidats déjà invités peuvent terminer leur demande de permis dans les délais qui leur sont propres, mais les profils restés dans le bassin sans invitation sont supprimés.
Pour 2027, Immigration Canada n’a encore publié ni date d’ouverture, ni quota pour la France, ni frais. Les saisons précédentes ont généralement ouvert en décembre, avec des premières invitations en janvier, mais ce n’est qu’une habitude, pas un engagement. Le quota français a par ailleurs baissé ces dernières années, et la concurrence a été forte : début octobre, plus de 21 000 candidats français étaient encore dans le bassin pour moins d’une centaine de places restantes, selon Moving2Canada.
Autre rendez-vous à noter : le plan fédéral des niveaux d’immigration est attendu autour du 1er novembre, selon Immigrant Québec. Il donnera une idée de la place laissée aux résidents temporaires dans les prochaines années.
Ce qu’un jeune Français peut faire maintenant
- Déjà au Québec et potentiellement admissible au PEQ : vérifier les conditions sur le site officiel et déposer avant le 31 octobre plutôt que d’attendre une hypothétique prolongation.
- Projet de PVT en 2027 : préparer dès maintenant passeport valide, casier judiciaire, budget et assurance, pour pouvoir créer un profil dès l’ouverture.
- Projet d’installation durable : ne pas construire tout le plan sur le PVT. Regarder aussi les voies liées à un employeur, à un diplôme québécois ou à un métier en demande.
- Suivre les annonces officielles (quebec.ca, canada.ca) plutôt que les rumeurs de forums sur les futurs quotas.
- Pour un dossier complexe (expérience mixte, conjoint, ordre professionnel), consulter un consultant réglementé ou un avocat en immigration.
Ce que vous pouvez ignorer
Les titres sur la « fermeture du Québec » vont à la vitesse des réseaux sociaux, pas à celle des textes. Si votre projet de départ se situe dans un an ou deux, aucune décision précipitée n’est justifiée aujourd’hui. Les besoins de main-d’œuvre francophone n’ont pas disparu avec l’élection. Ce qui change, c’est la marge d’erreur : moins de places, des fenêtres plus courtes, donc un dossier qui doit être prêt plus tôt.
Ma lecture
Le Québec reste l’une des destinations les plus logiques pour un francophone, mais il devient une destination où l’on planifie plutôt qu’une destination où l’on tente sa chance. C’est exactement le type de pays pour lequel la grille habituelle s’applique : visa d’abord, emploi ensuite, et un plan B si la porte se ferme. Je mettrai cet article à jour lorsque le nouveau gouvernement précisera sa politique d’immigration ou qu’Ottawa annoncera la saison PVT 2027.
