À retenir : le texte du gouvernement ne touche ni au PEA, ni au PER, ni au Livret A. La hausse de la flat tax a déjà eu lieu en janvier 2026. Les vraies nouveautés concernent la location meublée, les donations familiales et certains contrats d’assurance-vie très particuliers.
Où en est le texte
Le projet de loi de finances pour 2027 a été déposé le 1er octobre 2026. L’Assemblée examine d’abord les recettes, c’est-à-dire les impôts. Le vote solennel sur cette première partie est prévu ce mardi, après une semaine de débats qui n’a pas permis d’examiner tous les articles en séance. Si le texte est adopté, les députés passeront aux dépenses avant un vote d’ensemble prévu le 17 novembre. Le Sénat prendra ensuite le relais.
Conséquence pratique : rien de ce qui suit n’est encore définitif. Les amendements votés en commission peuvent disparaître en séance, et le gouvernement dispose de plusieurs outils pour imposer sa version en fin de parcours. Lire le budget à ce stade sert à anticiper, pas à agir dans la précipitation.
Ce qui ne change pas (et que vous pouvez ignorer)
| Placement | Texte du gouvernement | À surveiller |
|---|---|---|
| Livret A | Aucun changement | Un amendement visant à relever le plafond à 30 000 € a été voté en commission, puis redéposé en séance après le rejet de la première partie en commission. |
| PEA | Aucun article | Rien à ce stade. |
| PER | Aucun article | Rien à ce stade. |
| Flat tax | Pas de nouvelle hausse | Déjà passée à 31,4 % au 1er janvier 2026. |
| Assurance-vie classique | Inchangée | Voir la nuance plus bas pour les contrats atypiques. |
Le point qui a réellement coûté quelque chose aux épargnants date de l’an dernier. Depuis janvier 2026, la CSG sur une partie des revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux atteignent donc 18,6 % et la flat tax 31,4 %. Cette hausse s’applique aussi aux gains retirés d’un PEA, quel que soit l’âge du plan. Après cinq ans, le PEA reste en revanche exonéré d’impôt sur le revenu : il conserve donc son intérêt, simplement avec une ponction sociale un peu plus forte.
Sujet 1 : la location meublée devient moins avantageuse
C’est l’article qui concentre le plus d’amendements côté épargne. Le texte du gouvernement plafonne les amortissements déductibles en location meublée non professionnelle (LMNP) à 2,5 % de la valeur du bien et 7 000 € par an et par foyer. Pour les meublés de tourisme, le plafond tombe à 1,5 % et 5 000 €. Les résidences étudiantes, les résidences services pour personnes âgées ou handicapées et les Ehpad seraient exclus de ce plafonnement.
Pourquoi un jeune actif devrait-il s’en soucier ? Parce que le LMNP est souvent présenté comme la porte d’entrée de l’investissement immobilier « optimisé », avec un loyer quasiment non imposé pendant des années. Si le plafond est adopté, cet argument faiblit nettement sur un bien de valeur moyenne ou élevée.
- Vous avez un projet de meublé en cours d’étude : refaites la simulation avec le plafond, sans compter sur l’ancien régime.
- Un vendeur ou un conseiller vous présente un rendement « net d’impôt » : demandez sur quelle règle il est calculé.
- Vous louez déjà en meublé : attendez le texte définitif avant toute décision, d’autant que des dispositifs de transition existent pour les amortissements passés.
Sujet 2 : une fenêtre pour les donations familiales
Le gouvernement propose une mesure temporaire pour accélérer la transmission entre générations. Pour les dons d’argent consentis entre le 1er janvier et le 30 juin 2027, l’abattement familial passerait de 31 865 € à 50 000 €. Au-delà, un taux unique de 6 % s’appliquerait jusqu’à 100 000 € lorsque le bénéficiaire a entre 18 et 49 ans. Ce taux tomberait à 5 % si le bénéficiaire reverse au moins 1,1 % des sommes à certaines associations. Une commission a voté l’extension de la fenêtre jusqu’au 31 décembre 2027, mais ce vote doit encore être confirmé en séance.
Ce n’est pas un sujet à provoquer. En revanche, si vos parents évoquent déjà l’idée de vous aider pour un apport immobilier ou un projet, cette mesure peut changer le moment le plus pertinent pour le faire. La décision leur appartient, et elle mérite l’avis d’un notaire.
Sujet 3 : l’assurance-vie « sur mesure » perd son régime
L’article intitulé « protection du modèle de l’assurance-vie » ne vise pas les contrats ordinaires. Il réserve la fiscalité avantageuse aux contrats alimentés en argent, investis dans des actifs comparables à ceux des contrats classiques, et qui ne détiennent pas de titres émis par l’assuré, sa famille ou leurs sociétés. Autrement dit, il cible des montages patrimoniaux sophistiqués, pas l’épargnant qui verse 100 € par mois sur des fonds en euros et des ETF.
Si vous êtes dans ce second cas, vous pouvez refermer le sujet. Si un intermédiaire vous propose un contrat atypique, ce projet est une raison de plus de lui demander par écrit comment le contrat serait traité si l’article est adopté.
Ma lecture
Les débats budgétaires produisent beaucoup de bruit, et la tentation est grande de réagir à chaque amendement. Pour une épargne de départ, la stratégie reste la même : une épargne de précaution disponible, puis des versements réguliers dans une enveloppe adaptée à l’horizon visé. Le budget 2027 ne modifie pas cette logique. Il rend en revanche moins attractifs certains placements que l’on vendait surtout pour leur avantage fiscal, ce qui est plutôt un bon rappel : un placement doit d’abord tenir debout sans niche.
Je mettrai cet article à jour si le vote solennel ou la suite du parcours au Sénat modifie l’un des trois sujets ci-dessus.
