À retenir : si vous êtes micro-entrepreneur, déclarez votre chiffre d’affaires de septembre ou du troisième trimestre au plus tard le samedi 31 octobre 2026 à 23 h 59, sans compter sur un report au lundi. Si vous êtes payé via une plateforme numérique, vos cotisations sur ces revenus seront prélevées par la plateforme à partir du 1er janvier 2027, sans changement de taux. Si vous facturez vos clients en direct, rien ne change pour vous.
Une échéance un samedi, sans report
D’habitude, quand une date limite de déclaration tombe un week-end ou un jour férié, elle glisse au premier jour ouvré suivant. Pour cette échéance, l’Urssaf a fait une exception : la date reste fixée au samedi 31 octobre 2026 à 23 h 59, et non au lundi 2 novembre. L’information a été relayée par Bpifrance Création et par le site officiel Service Public Entreprendre début octobre.
Cette échéance concerne deux cas :
- les déclarants mensuels, pour le chiffre d’affaires encaissé en septembre 2026 ;
- les déclarants trimestriels, pour le chiffre d’affaires encaissé de juillet à septembre 2026.
Les créateurs de 2026 doivent aussi vérifier leur situation : selon Microdesk, une activité trimestrielle démarrée entre avril et juin 2026 a souvent sa première déclaration à cette date. Le plus simple reste de regarder l’échéancier affiché dans votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Certains articles publiés à la mi-octobre annonçaient encore un report au 2 novembre ; ils ont été corrigés depuis.
Plateformes : le prélèvement des cotisations devient obligatoire en 2027
Deuxième sujet, plus structurant. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 a créé un mécanisme de prélèvement à la source des cotisations des micro-entrepreneurs par les plateformes numériques (article L. 613-6-1 du Code de la sécurité sociale). Concrètement, la plateforme déclare chaque mois à l’Urssaf le chiffre d’affaires que vous avez réalisé chez elle, retient les cotisations correspondantes sur les sommes qu’elle vous verse, puis les reverse à l’Urssaf.
Selon Bpifrance Création, qui reprend une annonce de l’Urssaf de septembre, une phase pilote a démarré le 1er octobre 2026 avec sept plateformes volontaires, dans la livraison de repas, le soutien scolaire, les services à domicile, l’hôtellerie-restauration ou le transport. L’obligation s’appliquera à l’ensemble des plateformes concernées à partir du 1er janvier 2027.
| Sujet | Statut | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Déclaration de septembre ou du 3e trimestre 2026 | À faire au plus tard le samedi 31 octobre 2026, 23 h 59 | Pas de report au lundi 2 novembre. |
| Prélèvement des cotisations par sept plateformes pilotes | En place depuis le 1er octobre 2026 (phase volontaire) | Vérifier les montants déclarés pour vous dans votre espace Urssaf. |
| Prélèvement par toutes les plateformes concernées | Obligatoire au 1er janvier 2027 (prévu par la loi) | Plus de déclaration à faire vous-même pour ces revenus-là. |
| Taux de cotisations | Inchangés par ce dispositif | Le prélèvement change qui paie, pas combien. |
Ce que cela change pour vous
Si une partie de vos revenus passe par une plateforme, vous n’aurez plus à déclarer ni à payer vous-même les cotisations sur cette partie : le versement de la plateforme vaudra paiement. En revanche, le montant que vous recevrez sera net de cotisations. Avec un taux de 21,2 % pour les prestations de services commerciales, une mission facturée 1 000 € via une plateforme vous rapportera environ 788 € sur votre compte, et non 1 000 € dont vous mettiez de côté une partie.
Tout ce que vous facturez en dehors des plateformes, à vos clients directs, reste à déclarer comme aujourd’hui. Les freelances qui mélangent les deux devront donc tenir deux suivis en parallèle et éviter de déclarer deux fois le même chiffre d’affaires. Plusieurs analyses relèvent aussi un point de vigilance : en cas d’erreur de montant ou de taux, c’est à vous de le repérer et de demander la correction à la plateforme, puis à l’Urssaf si besoin.
Mensuel ou trimestriel : une date limite qui prête à confusion
Les plateformes déclareront chaque mois. Certains micro-entrepreneurs vont donc se demander s’il faut passer eux aussi en déclaration mensuelle, ce qui peut aussi aider ceux qui déclarent leurs revenus chaque mois à France Travail ou à la CAF.
Sur la date limite pour changer de rythme, les sources divergent. La fiche de Service Public Entreprendre indiquait qu’il fallait faire la demande avant le 31 octobre pour l’année suivante. Moneyvox a interrogé l’Urssaf, qui répond que la limite est le 31 janvier, en s’appuyant sur l’article R. 613-7 du Code de la sécurité sociale. La demande se fait par message depuis votre espace Urssaf, sans formulaire particulier. Si vous voulez être mensuel dès janvier 2027, le plus prudent est de faire la demande dès maintenant et de garder la trace de l’envoi.
La checklist de cette semaine
- Déclarer le chiffre d’affaires de septembre ou du 3e trimestre avant le samedi 31 octobre, idéalement dès vendredi, et conserver l’accusé de réception.
- Vérifier dans votre espace Urssaf que votre périodicité et vos prochaines échéances sont bien celles que vous pensez.
- Lister les plateformes qui vous versent des revenus, et regarder si l’une d’elles déclare déjà pour vous.
- Prévoir un tableau de suivi qui sépare revenus plateformes et revenus clients directs à partir de janvier 2027.
- Si vous voulez passer en mensuel, envoyer la demande à l’Urssaf maintenant plutôt qu’en janvier.
Ce que vous pouvez ignorer
Les titres du type « l’Urssaf se sert directement sur vos revenus » dramatisent. Le prélèvement ne crée aucune cotisation nouvelle et ne modifie pas les taux : il déplace le paiement de vous vers la plateforme. Si vous ne passez par aucune plateforme, ce changement ne vous concerne pas. Et si vous avez lu qu’il fallait absolument changer de périodicité avant le 31 octobre, l’Urssaf indique que vous avez jusqu’au 31 janvier.
Ma lecture
Pour un freelance qui démarre via une plateforme, le prélèvement à la source peut être une bonne nouvelle : moins de risque de dépenser l’argent des cotisations et moins de mauvaises surprises à l’échéance. Le revers, c’est qu’il devient plus facile de perdre de vue ce que l’on paie vraiment. Mon conseil : continuez à suivre votre chiffre d’affaires brut et vos cotisations, même si vous ne les payez plus vous-même. Pour un cas particulier, notamment si vous cumulez chômage et activité, l’avis de l’Urssaf ou d’un expert-comptable reste la référence.
